Le verdict des urnes est tombé ce dimanche 22 mars 2026, provoquant une onde de choc sans précédent dans le paysage politique du bassin rennais. Pour la première fois depuis 1971, Saint-Jacques-de-la-Lande échappe à la gauche. Au terme d'un second tour particulièrement disputé, c'est le candidat divers centre Sébastien Collet qui s'impose avec 46,3 % des suffrages exprimés. Il devance la maire sortante Marie Ducamin, qui recueille 43,1 % des voix, tandis que Dimitri Roumagne, sous l'étiquette de La France Insoumise, termine en troisième position avec 9,9 % des votes.
Cette défaite marque la fin d'une hégémonie de 55 ans pour le Parti Socialiste et ses alliés aux portes de Rennes. Plus qu'une simple alternance locale, c'est une véritable institution qui vacille, tant la commune de Saint-Jacques-de-la-Lande a longtemps fait office de « nurserie » pour la gauche rennaise. La ville a servi de laboratoire urbain et de tremplin vers les plus hautes fonctions métropolitaines pour plusieurs figures de proue de la capitale bretonne.
L'histoire politique de la ville est ainsi intimement liée à celle de l'hôtel de ville de Rennes. Daniel Delaveau, avant de devenir maire de Rennes entre 2008 et 2014, avait forgé son expérience de terrain en tant qu'édile de Saint-Jacques. C'est sous son impulsion que la commune a connu sa transformation la plus spectaculaire avec l'extension urbaine massive du secteur de la Morinais. Cette tradition de passage de témoin entre les deux cités s'est perpétuée avec Nathalie Appéré, l'actuelle maire de Rennes réélue hier soir, qui avait dirigé l’EPI Condorcet, un équipement public central de Saint-Jacques, jusqu'en 2008.
Le basculement de ce dimanche 22 mars 2026 rompt une lignée de maires qui ont cumulé des responsabilités de premier plan, à l'image d'Emmanuel Couet, ancien maire de la commune et ancien président de Rennes Métropole. En perdant cette mairie stratégique, la majorité socialiste rennaise perd un allié historique et une base arrière.
L'arrivée de Sébastien Collet à la mairie de Saint-Jacques-de-la-Lande redistribue les cartes au sein du conseil métropolitain. Alors que la ville a toujours été le miroir des ambitions de la cité centre, notamment en matière de densification et de politiques publiques, l'opposition dispose désormais d'un nouveau point d'ancrage majeur dans la première couronne. Pour les Jacquolandais, ce scrutin clôt un chapitre ouvert il y a plus d'un demi-siècle et ouvre une ère nouvelle, marquée par une rupture avec le modèle de gestion qui prévalait depuis l'ère de Georges Cano.