A la rentrée 2025, Rennes Métropole et Keolis, exploitant du réseau Star, lancent une expérimentation pour fluidifier la circulation sur la ligne B du métro, souvent saturée aux heures de pointe du matin. L’objectif est de réduire les embouteillages dans les rames en décalant légèrement les horaires de certains établissements scolaires et universitaires. On vous explique.
Chaque matin, entre 7h30 et 8h, la ligne B subit un afflux massif de voyageurs, notamment entre les stations Sainte-Anne et Beaulieu-Université, où se concentrent une vingtaine d’établissements scolaires et universitaires. Ces hyperpointes provoquent des attentes prolongées sur les quais et rendent l’accès aux rames difficile, avec des passagers qui dépassent parfois la capacité optimale des trains.
Pour y remédier, Rennes Métropole a travaillé avec les directions des lycées pour organiser un décalage progressif des rentrées scolaires. Trois lycées pilotes ont accepté de tester cette mesure : le lycée Chateaubriand, dont les cours commenceront à 8h15 au lieu de 8h, le lycée Joliot-Curie, avec une rentrée à 8h25, et le lycée-collège Assomption, qui décale ses cours de cinq minutes. L’objectif est de lisser les flux, limiter la surcharge des rames et améliorer le confort des usagers. Le lycée de La Salle, bien que signataire de la charte, ne modifie pas ses horaires pour l’instant.
Cette initiative s’inspire d’une démarche similaire menée sur la ligne A du métro rennais en 2012. À l’époque, un décalage des horaires de rentrée dans plusieurs lycées et collèges avait permis de réduire les surcharges dans les rames lors des heures de pointe matinales. Les résultats avaient montré une diminution d’environ 14% du nombre de voyageurs restant à quai pendant les pics, et un meilleur confort général pour tous les usagers. Cette expérience prouve que de petits ajustements horaires peuvent avoir un impact significatif sur la fluidité du réseau, sans nécessiter de travaux ou d’extension des infrastructures.
Le dispositif sur la ligne B sera testé pendant un an. Si les résultats sont positifs, d’autres établissements, y compris l’Université de Rennes, pourraient adopter des horaires décalés dès la rentrée 2026. Comme le souligne Rennes Métropole dans son communiqué, « cette expérimentation vise à éviter que plus de 500 personnes ne descendent en 5 minutes dans les sept stations concernées et à maintenir une charge maximale de 160 passagers par rame ». L’objectif affiché est clair : « adapter le métro aux usages réels et améliorer la qualité de service pour tous les voyageurs ».