Le 21 août 2025, les syndicats FO Justice et UFAP Unsa Justice tirent une nouvelle fois la sonnette d'alarme concernant la sécurité au Centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vezin. Dans leurs communiqués, ils décrivent une « pluie de projections » de colis dans l’enceinte, y compris dans le quartier d’isolement (QI) réservé aux profils les plus dangereux.
Dans la seule nuit du 20 au 21 août, une vingtaine de paquets ont été interceptés sur les toits du QI et du quartier disciplinaire. Parmi eux, un couteau à lame de 20 cm, saisi in extremis. Le reste du mois a vu passer des cargaisons impressionnantes : 600 g de stupéfiants, 22 smartphones, des lames de scie, de l’alcool, des billets de 50 € et même une pierre précieuse. Lors d'une question orale à l'Assemblée nationale en février 2025, la députée d'Ille-et-Vilaine Claudia Rouaux avance le chiffre de 1100 projections par mois.
Les trafiquants utilisent désormais des « perches-catapultes » de 2,40 m, capables de projeter les colis à plus de 35 mètres. Pour les syndicats, l’établissement est devenu une « passoire », incapable de protéger surveillants et détenus.
Les surveillants de Rennes-Vezin se disent à bout de forces et se sentent laissés pour compte. FO Justice décrit des agents « épuisés, non soutenus par leur administration, et qui ne se sentent plus en sécurité », confrontés à des détenus mieux équipés et à des intrusions constantes. UFAP dénonce quant à lui l’absence de moyens adéquats et interpelle directement les autorités : « La vie d’un surveillant ne vaut-elle pas un petit effort financier, pour enfin installer ces p…… de filets anti-projections ? » Les syndicats insistent sur la nécessité de mesures concrètes et durables, soulignant que les solutions provisoires mises en place jusqu’ici sont insuffisantes. UFAP prévient : « Arrêtez de blablater et prenez enfin les bonnes décisions ». FO Justice avertit que « à ce rythme, ce ne sont plus de simples colis qui franchiront nos murs… et des vies seront brisées ! ».
L’ouverture prochaine de la maison centrale de Condé-sur-Sarthe, un établissement de haute sécurité, inquiète particulièrement les syndicats. Ils redoutent l’arrivée à Rennes-Vezin de détenus encore plus dangereux, alors que la sécurité reste insuffisante. FO Justice se demande comment il sera possible de gérer ces profils sans moyens supplémentaires, et UFAP met en garde contre un éventuel drame si l’administration continue d’ignorer la gravité de la situation.
Mis en service en 2010 pour remplacer une maison d’arrêt vétuste en centre-ville, le Centre pénitentiaire pour hommes de Rennes-Vezin dispose théoriquement de 690 places. Mais l’établissement est frappé par une surpopulation chronique. Au 10 janvier 2025, 843 détenus y étaient écroués avec 75 matelas au sol.